Le mercredi suivant, Papy Bruno et Mamie Claudine, au lieu de la danse et du rugby, emmènent Michel et Hannah à la messe des Cendres. Cette messe marque le premier jour du carême.
Lors de la cérémonie, le père Raphaël plonge son pouce dans une coupelle de cendres et trace une croix sur le front de chacun en disant Convertis-toi et crois à l’Évangile.C’est très sérieux comme moment. De son homélie, Michel retient : il nous faut plonger dans l’espérance chrétienne et notre espérance, c’est la miséricorde infinie de Dieu pour nous.
En sortant, personne n’ose enlever cette croix grise sur le front. C’est comme un signe sacré.
Quand Michel et Hannah rentrent de la messe des Cendres, il reste encore deux bonnes heures avant que papa arrive pour les chercher. Ils ont enfin du temps pour jouer. Ils décident de monter au grenier. Chez papy et mamie, on accède au grenier par une petite échelle de meunier, un peu dangereuse. Le tout est situé dans l’atelier de couture de Mamie Claudine.
Il fait sombre, c’est éclairé par une seule lampe, un peu fatiguée et ça sent la poussière et le moisi. Ça et là, des vieux livres, des vases ébréchés, des malles empilées, des caisses avec des vieilles lampes sans abat-jour, des vieux abat-jour sans lampe, un bric à brac sans nom. Hannah se dirige vers de vieilles boites à chapeau dans lesquelles elle trouve d’anciens bibis, avec des voilettes, des gants blancs jaunis et de vieux manteaux de fourrure. Michel jette son dévolu vers une malle en bois avec une inscription blanche peinte.
Cinquante six inf.
Monsieur Guérin Louis
Lieutenant
« Le papy de mamie. Oh! Regarde ça! Je me souviens que mamie m’en a parlé. Elle m’a dit qu’il était un poilu ».
« Un quoi? » dit Hannah
« Un poilu, quoi ! C’est le nom des soldats pendant la Première Guerre mondiale. Allez, viens m’aider. »
