Lorsque Jésus passe devant Marthe, celle-ci lui dit :
« Seigneur, j’ai fait tout le service et ma sœur que voici n’a fait que rester assise là à te contempler. Dis-lui de m’aider. »
Jésus lui répond alors
« Marthe, tu es absorbée par les soins du service. Ne t’agite pas tant. Il en faut peu. Marie-Madeleine a choisi la meilleure part. »
Michel qui est là et qui ne perd pas une miette de ce que dit Jésus, ajoute : « Si je comprends bien, il faut donc servir et contempler, mais pas que servir et pas que contempler. »
Jésus sourit et lui passe la main dans les cheveux en guise d’approbation. Onde de joie dans le cœur du garçon. Nathanaël et André choisissent ce moment pour prendre Michel dans leurs bras et lui signifier toute leur joie de le retrouver.
Pendant ce temps, Marie-Madeleine, sans rien dire, saisit Hannah par la main et l’accompagne jusqu’à la table. Ensemble, elles traversent le patio.
C’est alors que Hannah la voit. Elle la reconnaît instantanément, assise seule au fond du patio. Marie… la mère de Jésus. Magnifique dame, rayonnante de paix et de beauté. Exactement comme Hannah l’avait imaginée. Elle se lève et aperçoit la petite fille, lui sourit pour la saluer. Hannah retient son souffle. Elle n’en croit pas ses yeux. Marie est là, devant elle. Sa maman du ciel, qui n’est évidemment pas encore au ciel.
Hannah tente discrètement, par des signes et des grimaces, d’interpeller Michel pour lui signifier la présence de Marie. Mais celui ci semble ne pas avoir réalisé et lui fait de l’autre bout de la table des gestes tout aussi comiques.
Certains ne peuvent s’empêcher de rire dans leur barbe devant les pitreries des enfants.
Là, tous s’installent. Michel prend place entre Judas et Pierre et Hannah, près de Marie-Madeleine et Zébédée. Lazare, le maître de maison, place Jésus à côté de lui et Marie, sa mère de l’autre côté.
Son ami est là. Lazare savoure ce moment. D’ailleurs, il savoure chaque instant depuis quelques jours, car il y a à peine huit jours, lui, Lazare, était mort et enterré.
Quand Jésus est arrivé à Béthanie, depuis Capharnaüm, Marthe l’a accueilli en lui annonçant la mort de son frère survenue quatre jours plus tôt. Jésus, en apprenant la nouvelle, s’est mis à pleurer, puis a demandé à se rendre au tombeau. Il y avait alors beaucoup de monde qui était venu pour consoler Marthe et Marie, et tous ces gens ont suivi Jésus jusqu’au tombeau. Lorsque Jésus est parvenu à la grotte où reposait Lazare, il a levé les yeux au ciel et a remercié son Père. Puis, d’une voix forte, il s’est écrié : « Lazare, viens dehors! »
Et Lazare, comme se réveillant d’un profond sommeil, est sorti vivant. Son cœur battait de nouveau, ses tempes palpitaient, sa peau était chaude. Jésus, pour lui, a accompli un miracle extraordinaire. Il lui a rendu la vie.
Et c’est pourquoi à présent, il savoure chaque instant. Il sait aussi, Lazare, que ce miracle a déclenché la liesse de certains qui ne doutent plus maintenant que Jésus est le Fils de Dieu. Mais ce miracle a aussi déclenché la haine, surtout chez les représentants du peuple juif, les grands prêtres qui cherchent à présent à arrêter Jésus car ils le tiennent comme un ennemi de la religion juive.
Michel regarde intensément Lazare. Il se souvient de son histoire. Oh! Comme… comme il a envie lui aussi d’être l’ami de Jésus.
