Les journées suivantes sont plus apaisées. Voilà quelques jours que les enfants vivent à proximité de personnes extraordinaires et cela semble déteindre sur eux. Hannah et Michel sont calmes, détendus. Ils se préoccupent moins de ce qu’ils vont faire, manger, de comment ils vont finir par revenir à leur époque près de leurs parents.
Ils apprennent à être ici maintenant, en présence de Jésus et de ses amis. Hannah est accoutumée à la présence câline et tendre de Marie-Madeleine, à la serviable Marthe et à la silencieuse Marie. Michel se sent comme les apôtres, il se sent comme un proche de Jésus et il aime énormément cette place. Il sait que cela ne sera pas toujours, alors il prend note de tout pour être capable un jour de raconter.
Leurs journées sont rythmées par la prière. Ce langage d’amour vers Dieu. Jésus, quand il ne prie pas, enseigne ses apôtres ou se rend au temple.
Et partout il ne cesse de crier son message d’amour pour chacun des hommes.
Hannah et Michel sont bouleversés, car ils savent… Que dans trois jours… Puis deux… Puis un… Jésus va mourir.
Au petit matin du jeudi, alors que Jésus est assis dans le patio de Lazare avec quelques uns de ses disciples, il demande à ce qu’on aille préparer la Pâque. Jean s’avance alors : « Seigneur, où veux tu que nous allions fêter la Pâque? »
Jésus répond : « Allez donc à Jérusalem. À l’entrée de la ville, vous rencontrerez un porteur d’eau. Suivez-le. Il entrera dans une maison. Là, vous direz au propriétaire de la maison : Le maître te demande où est la salle où je pourrai manger la Pâque ? Celui ci vous indiquera une salle à l’étage garnie de coussins et vous pourrez y faire les préparatifs. »
« Trop chouette, encore un jeu de piste à la Jésus ! » pense Hannah.
Pierre et Jean partent donc en compagnie des enfants pour préparer la Pâque. Michel se demande s’ils vont du coup acheter du chocolat comme chez eux à Pâques, les lapins en chocolat de mamie et les petits oeufs en praliné. Mais il songe qu’ici, il fait peut être trop chaud. Alors il se retourne vers Pierre : « Dis donc Pierre, c’est quoi la Pâque? »
« La fête des Azymes. Mon garçon, on se souvient du moment où le peuple juif, guidé par Moïse, a été libéré de l’esclavage des Égyptiens. »
« Et du coup, on va préparer quoi exactement? »
« Eh bien, on va préparer un agneau et le manger avec du pain azyme. »
« Du pain quoi ? »
« Du pain sans levain. C’est ce que les Hébreux mangeaient quand ils sont sortis d’Egypte. Un pain sans levain. Et pendant le repas, on racontera l’histoire de la libération. »
Arrivés aux abords de Jérusalem, il s’agit d’ouvrir l’œil et de repérer un porteur d’eau.
« Je le vois ! » dit Michel.
En effet, il y a là un jeune homme en tenue de service, une cruche sur la tête, qui rentre dans une maison. Pierre et Jean frappent à la porte de la maison et demandent à voir le propriétaire. Lorsque celui-ci arrive, Jean le premier dit : « Le maître te demande où est la salle où je pourrai manger la Pâque? »
Le propriétaire reste en silence et leur ouvre la porte et les fait entrer dans sa maison. Dans le silence, toujours, il leur fait signe de le suivre. Il les entraîne dans un petit couloir au bout duquel il y a un escalier en bois.Une fois les marches montées, il ouvre une porte et il y a là, en effet, une salle imposante. D’un côté de la salle, il y a une grande et large table basse d’environ dix mètres. Tout autour, de larges bancs, un peu comme des lits, habillés d’une multitude de jolis coussins multicolores. Des petits, des gros, des moyens… Une impression de confort et de chaleur s’émane de cette pièce.
Puis le propriétaire ouvre enfin la bouche pour leur dire que dehors, sous le auvent, il y a tout ce qu’il faut pour préparer la Pâque et que surtout, ils doivent se sentir ici comme chez eux. Ensuite, il s’en va discrètement, laissant là Jean, Hannah, Pierre et Michel.
