Le lendemain matin, le centurion tient parole et décide d’emmener les enfants chez Pierre. Au moment même où il allait franchir la porte de la garnison, deux femmes se présentent «Nous cherchons nos enfants, Hannah et Michel. »
« Nous sommes là » répondent spontanément les enfants.
« Oh! Dieu soit loué! Vous allez bien? Vous êtes sains et saufs. Personne ne vous a fait mal? »
« Non madame , le centurion a été très gentil avec nous. »
« Nathanaël nous a envoyés pour vous récupérer. Il a voulu hier, mais il s’est fait rabrouer et a craint que sa présence ne vous desserve. Il a pensé qu’une maman aurait plus de chance de vous récupérer sans problème. »
Le centurion fait un pas de côté : « Mais… Mais madame, vous êtes la femme de Pierre, n’est ce pas? »
« C’est exact» répond la femme. « Je suis Myriam et voilà ma mère. »
« Je vous reconnais. Je vous ai vu le soir où Jésus a guéri mon fils. Ecoutez, les grands esprits se rencontrent. J’allais conduire justement ces enfants chez vous. Ils cherchent Jésus. Et je me suis dit que Pierre serait forcément où est Jésus. »
« Merci beaucoup, monsieur. Oui, en effet, vous avez bien fait. Venez, les enfants, nous vous ramenons à la maison. Au revoir, monsieur. »
« Merci pour tout ce que vous avez fait pour nous. »
« Au revoir les enfants. Prenez soin de vous. »
Lorsqu’ils arrivent chez Pierre, la maison semble vide. Myriam fait appeler un homme et lui dit quelque chose et aussitôt l’homme s’en va. « Madame, savez vous ou est votre mari, Savez vous où est Nathanaël? Et savez vous où est Jésus? »
« Tous ensemble, ma petite », dit Myriam en riant, à cause de la suite de questions dont Hannah l’assène.
« Ils sont partis ce matin. Jésus est parti à son habitude, sans mot dire, au petit jour, pour prier. Les apôtres l’ont suivi. Nathanaël m’a bien fait promettre de le tenir au courant de votre sort. C’est chose faite à présent. Je viens d’envoyer cet homme pour lui dire de dire à Nathanaël que vous étiez bien rentrés. Ils seront sûrement de retour ce soir. »
Lorsque le soir approche et que déjà le jour baisse, l’homme que Myriam avait lancé à la suite de Nathanaël revient et annonce qu’il les a bien vus, mais qu’ils s’apprêtaient, au moment même où il les a rejoints, à partir vers Jérusalem pour la fête de Pessah.
« Jérusalem?! Mais mais non, mais non, mais nous, on est là ! On est venu pour lui ! On est venu de Jérusalem pour le voir. C’était… C’était un long chemin, c’était difficile et il faut qu’on recommence à l’envers.On a fait tout ça pour rien. Mon Dieu, mais il n’y a pas quelqu’un qui puisse nous emmener à lui, là, maintenant, tout de suite. Les choses… les choses ne peuvent elles pas être plus simples? »
Michel sort de la maison, sa sœur crie, tape du pied, laisse sortir sa colère, sa fatigue, son désarroi. Myriam et sa mère trouveront bien les mots pour la calmer. Lui, il a juste besoin de réfléchir, de respirer et de marcher pour mieux envisager la suite.
