Au cours de la longue marche, les enfants retrouvent le paysage quasi désertique du début de leur aventure. Quelques buissons ici ou là, quelques figuiers et beaucoup, beaucoup, beaucoup de poussière. Hannah se retient de râler et se lance même dans la contemplation de la couleur beige lumineuse de cette terre désertique, tout en se demandant avec quels feutres de sa palette elle pourrait reproduire une telle couleur. Au bout de deux heures de marche environ, ils aperçoivent le village de Béthanie en contrebas de la colline.
Pressés d’arriver, les quatre voyageurs accélèrent le pas et Zébédée lance : « Le premier arrivé en bas a gagné ! » . Évidemment, tout en disant ça, il s’est mis à courir en dépassant tout le monde d’emblée, il passe à côté d’Hannah en disant avec humour : « Allez mademoiselle, un peu d’exercice, ça rend plus tempérant ! »
Arrivés dans le petit village dégoulinant de sueur, ils se mettent tous à rire. C’est alors que Salomé remarque une femme qui balaye devant sa porte. « Bonjour, savez vous où l’on peut trouver Jésus de Nazareth? »
« Oui, il est là, chez son ami. »
Là, c’est la dernière maison au bout de la rue. Arrivé devant ladite maison, Zébédée frappe. Une femme brune de petite taille, leur ouvre la porte. Elle s’appelle Marthe. C’est la sœur de Lazare. Du regard, elle interroge les visiteurs qui lui expliquent l’objet de leur venue : voir Jésus. A ces mots, elle ouvre largement la porte.
« Marie-Madeleine, peux tu m’aider à rajouter quatre couverts pour le repas? » demande t elle à l’adresse de quelqu’un que personne ne voit. Nos quatre voyageurs rentrent dans la maison, ça sent bon. Une grande table est dressée. Visiblement, on s’apprête à dîner.
Derrière la table, il y a creusé dans un mur une imposante ouverture en arc de cercle. Cette ouverture donne sur une cour que l’on devine luxuriante : des arbres fruitiers, des plantes aromatiques, des fleurs de toutes sortes. Au fur et à mesure que l’on approche, là, sur la droite, installés en cercle, se trouvent les apôtres, les uns assis, d’autres debout. Ils écoutent Jésus qui les enseigne. Le bruit de nouveaux arrivants fait s’en retourner quelques uns.
Jacques et Jean, voyant leurs parents, se lèvent discrètement et les saluent en chuchotant. Les explications de leur venue seront pour plus tard. Assez rapidement, ils intègrent Salomé et Zébédée au petit groupe.
Hannah et Michel sont restés en retrait. Et pour cause. Un des apôtres nommé Judas les maintient en arrière.. pour, dit il, ne pas déranger le maître qui parle.
Mais Jésus, bien que ne voyant rien, semble deviner ce qui se passe et dit d’une voix douce mais autoritaire : « Laissez donc venir à moi les petits enfants. »
Judas s’écarte donc, un peu contrarié. Hannah et Michel s’approchent de Jésus. À côté de lui, assise par terre, il y a une jeune femme silencieuse qui semble ne pas lâcher du regard le Fils de Dieu,comme si elle voulait s’approcher au plus près et comprendre ce mystère d’un Dieu fait homme.
Elle s’appelle Marie-Madeleine. C’est la sœur de Marthe et de Lazare. Lorsque les enfants sont devant Jésus, il pose ses mains sur le front d’Hannah et la bénit.
« Jésus, on t’a tellement chercher. » murmure t-elle d’émotion. Puis des larmes se mettent à couler sans discontinuer sur ses joues. Des larmes qui font du bien, des larmes qui apportent la paix. On appelle ça la grâce des larmes.
Marie-Madeleine connaît bien cette grâce. Elle a eu cette grâce lorsque Jésus lui a pardonné tous ses péchés et l’a délivrée entièrement de tous ses démons. Michel, à son tour, se retrouve en face à face avec le Christ et lui dit : « Jésus, je suis heureux de te retrouver. » Jésus sourit, lui pose les mains sur le front et à son tour le bénit.
Une onde de joie traverse alors le petit garçon et Jésus poursuit :
« Amen, Je vous le dis, le Royaume des cieux est à ceux qui leur ressemblent. »
