L’équipe des soldats de jour fait place à l’équipe de nuit et un nouveau centurion arrive pour passer la nuit à la garnison. Lorsqu’il passe devant la geôle, il voit le tisserand enfermé avec les deux enfants. Lui même père de famille se demande quelle faute ces enfants ont bien pu commettre. Il demande à un soldat qui raconte qu’ils ont été arrêté avec l’homme qui a refusé de payer la taxe et qui a injurié le soldat qui procédait au contrôle, et que le centurion avait dit qu’il réglerait l’histoire demain matin.
« C’est votre père? » dit il en s’adressant aux enfants.
« Non, monsieur, c’est l’oncle d’amis d’amis qui nous convoyaient jusqu’à Capharnaüm »
« Où sont vos parents? »
« Nous ne savons pas, monsieur. »
« Mais que faites vous là alors? »
« Nous sommes venus à Capharnaüm pour rencontrer Jésus. »
« Chut! Ne prononcez pas trop trop fort ce nom. Il n’a pas que des amis ici. Mais vous avez de la chance, je suis un de ses amis, Jésus, il a guéri mon fils qui était mourant. »
« Oh! S’il vous plaît, monsieur, délivrez-nous. Il faut qu’on le retrouve, s’il vous plaît. »
« N’ayez crainte, chers enfants. Je vous ferai sortir de la garnison demain sans problème. Je vous emmènerai moi même chez un de ses disciples, Pierre, qui n’habite pas très loin, mais à cette heure-ci, croyez moi, vous êtes plus en sécurité ici que dehors à chercher votre chemin. Attendez moi là, je reviens. »
A ces mots, le centurion s’en va.
« Hannah, si nous allons chez Pierre, nous allons voir Jésus, c’est sûr. C’est le chef des apôtres, Pierre, tu te souviens? »
Le centurion revient quelques instants plus tard. Il ouvre la geôle, fait sortir les enfants et leur fait signe de s’installer dans la pièce attenante. Il leur tend des couvertures. Puis il ressort et revient avec des fruits, du pain et du poisson séché.
« Tenez, c’est pour vous. »
« Oh! Merci, monsieur. »
Hannah se tournent vers le tisserand qui a pesté toute la journée mais qui semble avoir faim aussi et l’autre homme qui les regarde avec un air mauvais depuis le début. Elle hésite. Et puis elle se décide. Elle se lève et à travers les barreaux, donne sa part aux deux hommes.
Michel, qui s’apprête à dévorer son dîner en la voyant faire, s’arrête et à sa suite, fait de même.
Le tisserand, qui était muré dans sa colère et qui ne leur avait dit mot jusqu’alors, s’approche : « Merci, merci et pardon de vous avoir causé du tort. » Quant à l’autre homme, son visage s’est métamorphosé et lui aussi se confond en remerciements.
Le centurion sourit. « Oui, vous êtes bien des amis de Jésus. »
